" L'émoi de la sardine ! "

Rappel historique sur la sardine à Noirmoutier

 

Entre 1900 et 1914, la pêche à la sardine est en plein développement et le port fait fonctionner trois confiseries (on les appelle confiseries car contrairement aux conserveries, on ne conserve pas dans le sel mais dans l'huile).

Cassegrain rachète l'usine Herbelin en 1900, le nantais Chancerelle ouvre en 1905-1910 ainsi que l'industriel breton Legall vers 1910.

Bretons et bretonnes affluent en grand nombre et la pêche fait travailler l'ensemble des marins de l'île de Noirmoutier.

La guerre de 1914-1918 fait beaucoup de morts parmi les marins, diminuant de ce fait l'activité maritime du port. Cependant, dès 1920, une nouvelle confiserie est construite à l'Herbaudière, ce qui témoigne d'une certaine reprise de la pêche. Mais la flotte herbaudrine tarde à se moderniser car elle ne s'adapte pas à l'apparition de nouvelles techniques de pêche et à la motorisation des bateaux.

Les campagnes de pêche connaissent des aléas et les années médiocres alternent avec les années florissantes.

En 1927, on dénombre 210 pêcheurs et 62 bateaux pour une production de 510 tonnes.
En 1928, le port est actif et la flotte se modernise.

La pêche à la sardine progresse jusqu'à la seconde guerre mondiale avec des années difficile comme 1932-1933 et des années fastes comme 1938 où quatre usines sur le port, emploient plus de 400 personnes. La flotte compte alors une quarantaine de sardiniers.

Ce développement de l'activité permet d'envisager la construction d'une nouvelle jetée. La seconde guerre mondiale perturbe ces projets et il faut attendre 1950 pour voir l'achèvement de la jetée Est composée de deux alignements de 194 et 105 m chacun.

De même, l'essor de la flottille rend nécessaire la mise en service le 30 juillet 1951 d'un canot de sauvetage moderne: le Georges Clemenceau (le précédent l'Arthur Violette était en service depuis 1909). En 1954, une cale de lancement et un abri sont construits pour ce canot. A cette même période, le port de l'Herbaudière commence à souffrir de la concurrence de la production sardinière portugaise. Le nombre de navires armés à la sardine diminue peu à peu.

En 1955, il n'y a plus que deux confiseries à l'Herbaudière. Ce sont les usines Lecointre et Cassegrain, laquelle va essayer de se reconvertir avec le thon.

Conséquence du déclin de la pêche à la sardine, le port de l'Herbaudière s'oriente peu avant 1960 vers la pêche aux crustacés et devient rapidement un des premiers ports français pour cette production.

En 1963, la coopérative des marins "l'Herbaudrine" est créée. Elle a pour but d'écouler le produit des pêches et principalement les crustacés. Le nouvel essor du port permet d'engager en 1963 le prolongement de 60 m de la jetée Ouest.

1967 est l'année symbolique de la fin de la pêche à la sardine : l'usine Lecointre ferme. C'était la dernière confiserie de l'île.